Pourquoi j’ai arrêté d’écrire

Depuis que je suis môme, j’écris.

A intervalles plus ou moins réguliers, les mots m’ont permis bien des choses.

M’évader de ce qui ressemblait, de mon point de vue, plus à une prison qu’à une maison familiale. M’évader d’une vie que je ne voulais pas.

Ecrire m’a permis de me sauver. Quitte à être en prison, je m’inventais une prison dorée, des amis que je retrouvais simplement en prenant une feuille et un stylo, voire que je pouvais faire disparaître dans les méandres de l’ordinateur familial dont j’étais la seule à me servir si je ne voulais pas être lue.

Ecrire m’a permis de passer le temps. D’oublier que j’étais seule, que je n’avais pas le droit de faire beaucoup de choses qui me plaisaient, d’oublier que je perdais mes amis de la vraie vie parce qu’ils se rapprochaient lors des petites soirées ou des virées shopping auxquelles je n’avais pas ou peu le droit d’aller.

Ecrire m’a permis de rêver les yeux ouverts. De me trouver. De savoir à quel personnage j’avais envie de m’identifier, quelles qualités j’appréciais chez les autres; de savoir sur quels défauts je n’arriverais pas à passer outre, chez moi ou chez les autres.

Ecrire m’a permis de communiquer. Autant les mots viennent facilement face à une page blanche, autant ils se perdent lorsque je suis face à un visage empli d’émotions. Mettre mes pensées sur papier, pour les faire lire ensuite, m’a permis de sauver mon couple, d’expliquer à mon cher et tendre pourquoi je me comportais de cette façon, sans avoir pourtant trouvé à ce moment là la force de lui en parler. Les mots couchés sur papier ont ensuite pu être prononcés dans le noir, puis à la lumière du jour. Ecrire m’a permis de faire face à mes démons ce jour là.

J’ai toujours eu envie de partager les histoires que je me racontais. D’inventer des mondes et des personnages auxquels les gens auraient envie de s’identifier. J’ai toujours cette envie qui grouille au fond de moi, et qui refait surface à intervalles plus ou moins réguliers. D’autant plus quand je relis les livres de J.K.Rowling. Car qu’on aime ou pas son oeuvre, je peux le comprendre. Mais je trouverai toujours cette auteur incroyable dans la façon dont elle a réussi à donner envie à des enfants de lire, dans la façon dont elle a réussi à donner envie à des adultes de lire des livres pour enfants… Mais surtout dans la façon dont elle a construit son monde, ses personnages, son intrigue. Du génie. Je pourrais en dire autant de Tolkien ou d’autres, mais Harry Potter a bercé mon enfance. Et relire du Harry Potter, ça me redonne l’envie d’écrire.

Alors hier, au lieu de me jeter sur mon synopsis de roman qui date maintenant d’il y a dix ans, j’ai pris le temps de réfléchir à pourquoi je ne cessais d’arrêter d’écrire. Et au final, même si je n’ai que peu le temps… la vraie raison n’est pas là. Ou pas uniquement là.

Ma première motivation pour écrire a toujours été de m’évader. Je n’écris (presque) que quand je vais mal.

J’ai donc naturellement arrêté d’écrire parce que je vais bien. Je mène la vie que je veux mener, je fais ce que j’ai envie de faire, je suis heureuse.

Ne me reste donc plus qu’à trouver comment concilier bonheur et écriture !

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